| Un cygne trompette à Rouyn-Noranda | |
11 octobre 2005 - Depuis le milieu d'avril, un cygne trompette (Cygnus buccinator) est en visite dans la région de Rouyn-Noranda. Il a été observé aux lacs Osisko, Dufault, Noranda et Séguin, mais c'est au lac du Sénateur qu'il passe la plus grande partie de son temps. Sa présence au Québec est exceptionnelle.
Le cygne trompette adulte a le plumage entièrement blanc, mais sa tête et la partie supérieure de son grand cou sont souvent souillées d'une teinte rouille. Ses pattes sont noires comme le bec. Ce dernier a également une ligne saumon sur la mandibule inférieure. Dans la région, on observe régulièrement des cygnes, depuis quelques décennies. Généralement, il s'agit du cygne siffleur (Cygnus columbianus), espèce plus petite avec un bec pourvu d'une tache jaune à la base. L'aire de nidification historique du cygne trompette recouvrait la majeure partie du Canada et le nord des États-Unis. Celle-ci allait de l'Alaska au nord-ouest, jusqu'à la Baie James et l'Abitibi-Témiscamingue vers le nord-est. Vers le sud-est, l'aire de nidification atteignait la côte est américaine. La limite sud de l'aire de nidification passait de la côte est, jusqu'à la côte ouest par le centre des États-Unis. La chasse commerciale et le marché de la mode ont rapidement anéanti les populations nicheuses, au cours du 19e siècle. Les efforts de conservation internationaux ont permis de rétablir l'espèce et aujourd'hui, le cygne trompette n'est plus considéré comme menacé de disparition.
Il y a maintenant trois populations de cygne trompette, soit celle de la côte du Pacifique, celle des Rocheuses et celle de l'intérieur des terres (figure 1). La dernière population provient de transplantations d'oiseaux sauvages et de relâchés de cygnes élevés en captivité. De tels programmes ont permis d'établir des populations de cygne trompette dans le secteur des Grands Lacs. Ces programmes d'introduction expliquent la présence sporadique du cygne trompette en Abitibi et au Témiscamingue. En 1993, deux individus ont été observés au lac Tee (Témiscamingue), alors qu'un autre a été vu au Rapide-Sept (Van de Walle 1997). Références SERVICE CANADIEN DE LA FAUNE. Le cygne trompette. Faune et flore du pays. MATTESON S., S. CRAVEN AND D. COMPTON. 1995. The Trumpeter Swan. Wisconsin county Extension office. Madison, Wisconsin. 8 p. VAN DE WALLE, E. 1997. Liste annotée des oiseaux de l'Abitibi. Société du Loisir ornithologique de l'Abitibi, Rouyn-Noranda. 151 p. |
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| Une nouvelle espèce de lépidoptère découverte en Abitibi | |
M. Bernard Landry, entomologiste du Muséum d'histoire naturelle de Genève en Suisse, fit la découverte d'une nouvelle espèce de lépidoptère, lors d'un voyage en Abitibi. Il s'agit de l'alucite d'Adrien Denis (Alucita adriendenisi Landry & Landry 2004).
La découverte M. Landry raconte : « J'ai fait la découverte de cette espèce sur le terrain pour la première fois le 27 juillet 1999 à La Sarre en Abitibi. J'étais en route pour aller cueillir des bleuets et j'avais garé la camionnette à la sortie de la ville pour attendre quelqu'un. Un papillon est alors entré par la fenêtre ouverte du conducteur pour se poser sur le rétroviseur, si je me rappelle bien. Ayant toujours une fiole avec moi quand je vais sur le terrain, j'y ai fait pénétrer le spécimen. J'ai cru au début qu'il s'agissait d'un géomètre, à cause de la façon dont ses ailes étaient repliées au repos, mais en l'examinant, j'ai pu voir rapidement les ailes divisées en six, caractéristique des alucites.
À cette époque, je savais déjà qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce pour en avoir étudié des spécimens provenant d'autres provinces dans la Collection nationale canadienne des insectes, mais la rencontre avec un individu vivant d'une espèce pour la première fois reste toujours un moment privilégié pour moi, surtout si c'est au Québec ! On peut se demander pourquoi ce papillon s'est introduit dans le camion ce fameux jour de 1999 et on pourrait conclure qu'il s'agit du hasard, mais je ne pense pas que ce soit le cas ! Les alucites passant l'hiver à l'état adulte dans un lieu sombre comme un trou dans un arbre ou une construction quelconque, je pense que ce papillon a tout simplement pris l'habitacle de la camionnette comme un refuge potentiel pour la froide saison à venir. En 2002, l'espèce était très abondante autour de la demeure toute entourée de forêt de Mme et M. Jules Trudel et j'ai pu en capturer plusieurs spécimens sur les murs du garage près de la lampe qui en éclaire l'entrée. C'était la première fois que je voyais l'espèce à cet endroit malgré le fait que j'y venais pour la huitième fois au moins. Je pense que cette grande abondance était liée aux défoliations des feuillus dues aux chenilles de la livrée des forêts, ce qui a sans doute permis une croissance plus importante des plantes de sous-bois, dont le dièreville chèvrefeuille, qui est probablement la plante hôte des chenilles de cette alucite à cet endroit. » Pourquoi le nom d'Adrien Denis ? Le nom a été choisi en l'honneur de M. Adrien Denis, qui à la fin des années 1930, prêtait assistance à M. Carl E. Atwood, lorsqu'il travaillait à Laniel au Témiscamingue, où un spécimen de l'espèce a été récolté. Ces deux hommes travaillaient à la Station de recherche sur les insectes forestiers du ministère de l'Agriculture du Canada. M. Carl E. Atwood est le père de l'écrivaine de renommée internationale, Mme Margaret Atwood. Où la trouve-t-on ? La distribution de l'alucite d'Adrien Denis s'étend de l'ouest du Québec et de l'état de New York dans l'Est, jusqu'en Alberta et aux Territoires du Nord-Ouest dans le Nord-Ouest, avec des populations méridionales en Virginie de l'Ouest, en Arizona et au Texas. Pour de plus amples renseignements Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter la référence suivante : LANDRY, B. and J.-F. LANDRY. 2004. The genus Alucita in North America, with description of two new species (Lepidoptera: Alucitidae). The Canadian Entomologist 136: 553-579. Je tiens à remercier M. Bernard Landry pour son excellente collaboration. |
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| Un cas d'envahissement d'une colonie de grands hérons par le cormoran à aigrettes | |
La colonie de grands hérons du lac Macamic est connue depuis 1979, alors que 14 plates-formes de nidification incluant 11 nids actifs avaient été recensées.
L'inventaire de 1984 révèle une nette augmentation de nombre de plates-formes de nidification (31), mais le nombre de nids actifs était inconnu. Une autre petite colonie avec trois plates-formes et au moins un nid actif a également été localisée à proximité. Depuis, aucune autre activité de nidification n'a été mentionnée à cet endroit. C'est à la fin des années '80 que la colonie du lac Macamic a connu son plein essor. En 1989, 47 des 51 plates-formes constituaient des nids actifs. En 1997, le cormoran à aigrettes a fait son apparition dans la colonie du lac Macamic. Il y avait alors deux nids occupés par les cormorans, 42 nids occupés par les grands hérons et trois plates-formes inoccupées. Les cormorans à aigrettes envahissent progressivement l'île, depuis cette année là. L'inventaire de 2002 a montré une augmentation importante des couples nicheurs de cormoran dans la colonie. Il y avait à ce moment un peu plus de nids de cormorans à aigrettes (35) que de nids de grands hérons (31). Cette colonie mixte deviendra probablement, d'ici quelques années, une colonie pure de cormorans à aigrettes. En 1992, la végétation se composait d'une aussi grande proportion de feuillus que de résineux. Les arbres morts constituaient cinq pour cent de la végétation. À mesure que les années avancent, la proportion d'arbres morts dans la colonie est en augmentation. Cette proportion s'établissait à 10 % en 1997 et à 50 % en 2002. Lors de cette dernière visite, les résineux dominaient maintenant les feuillus dans la colonie, ces derniers étant plus sensibles aux fientes des cormorans et des hérons. Avec l'envahissement de la colonie par les cormorans, la végétation disparaîtra d'une façon accélérée et les oiseaux devront trouver un autre site de nidification à court ou moyen terme. Jean Lapointe |
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| Un 3 juin bien rempli au lac Témiscamingue | |
![]() Belle surprise, un cygne avec des bernaches, © Jean Lapointe 2003 ![]() Une nouvelle colonie de cormorans à aigrettes, espèce envahissant progressivement le Québec, © Jean Lapointe 2003 |
Par un beau mardi ensoleillé et presque sans vent, nous nous sommes dirigés vers le lac Témiscamingue pour vérifier un nid potentiel de pygargue à tête blanche et un site de nidification de faucon pèlerin.
Nous avons mouillé l'embarcation pour nous diriger vers les sites à visiter. Bien qu'un faucon pèlerin se soit timidement présenté à nous, il fut impossible de confirmer s'il nichait. Le lac Témiscamingue regorge de beaux emplacements pour y installer un nid et si les oiseaux ne collaborent pas, il peut être très difficile de déceler la présence d'un site de nidification. Pendant que nous dérivions vers le deuxième endroit à visiter, un nid qui semblait fait sur mesure pour un pygargue à tête blanche, nous avons dégusté tranquillement notre dîner. Arrivés sur les lieux, il n'y avait aucun signe de présence d'un couple nicheur. Toutefois, le nid contenait des plumes blanches à l'intérieur, ce que nous n'avions pu remarquer trois semaines plus tôt. Les pygargues utilisent un territoire de nidication dans lequel on peut retrouver plusieurs nids. Un couple nicheur peut choisir l'un ou l'autre de ces nids pour y élever sa nichée. Nous avons donc entrepris la recherche d'un autre nid à l'intérieur d'un rayon de quelques kilomètres, mais en vain. En entrant dans une baie, nous avons aperçu une petite île surpeuplée de goélands. En nous approchant, nous avons constaté que quelques centaines de goélands à bec cerclé et de goélands argentés utilisent cette île pour y installer leur nid. Près d'une centaine de bernaches du Canada et plusieurs canards colverts mâles se nourrissaient et se reposaient dans les zones peu profondes qui bordent l'île. Surprise ! Un cygne accompagnait les bernaches. Nous avons tenté de remarquer les détails de l'oiseau tout en prenant des photos pour une éventuelle identification. À prime abord, nous avons cru avoir affaire à un cygne trompette, ce qui est toujours plausible. L'examen des photos laisse croire qu'il pourrait s'agir aussi d'un jeune cygne tuberculé : La courbe du cou et la posture des ailes sont des caractéristiques qu'on retrouve chez le cygne tuberculé. Nous n'avons toujours pas statué sur l'identité réelle du spécimen (à vous de nous donner votre avis). Au milieu de l'après-midi, nous nous sommes déplacés vers une colonie de grands hérons. À notre grande surprise, la colonie était maintenant désertée par les hérons ; seuls quelques goélands argentés nichaient à cet endroit. En examinant attentivement les structures toujours présentes des anciens nids, nous avons aperçu un gros oiseau dans un nid de plus d'un mètre de diamètre. Il s'agissait d'un pygargue avec un plumage qui trahissait son jeune âge. L'oiseau est de toute évidence à sa première année de nidification. Cette hypothèse est renforcie par le fait qu'aucun pygargue ne nichait à cet endroit l'an dernier. Pour compléter ce payant voyage, nous avons découvert une nouvelle colonie de cormorans à aigrettes, espèce envahissant progressivement le Québec. Jean Lapointe |
| Quelques observations des deux dernières semaines (entre le 6 et le 16 mai 2003) | |
![]() Pygargue a tête blanche au nid, © Jean Lapointe 2003 ![]() Cygnes au marais Maine, © Jean Lapointe 2003 |
Depuis l'été dernier, un bruant à gorge blanche avec un dialecte bien particulier chante en arrière de chez-moi. Son arrivée me signale que le printemps est bel et bien là. Presque au même moment, débute une tournée de deux semaines pour observer la faune à travers l'Abitibi-Témiscamingue. Voici quelques observations dignes de mention parmi une multitude de bernaches et de canards. Nous avons pu observer nos premières grues du Canada près de St-Bruno-de-Guigues, le 6 mai dernier. Par contre, aucun rassemblement important n'a été remarqué. Il s'agissait de quelques petits groupes isolés répartis ici et là, du Sud au Nord de la région. Des pygargues à tête blanche, le plus souvent immatures, volaient à basses altitudes à quelques endroits. La visite de quelques territoires de nidification n'a permis de voir qu'un nid actif en ce début de mai. Par contre, plusieurs balbuzards avaient commencé à nicher. Un nid a pu être observé sur une plate-forme aménagée spécialement pour cette espèce. Trois beaux cygnes nous attendaient au marais Maine. Il s'agissait probablement de cygnes siffleurs, mais nous n'avons pu voir la tache jaune sur le bec, caractéristique de cette espèce. Sur la rivière Desmeloizes, un couple de bernaches du Canada nichait; six beaux œufs étaient dans le nid. La plus belle observation est sans doute celle d'une sarcelle cannelle mâle au lac Osisko, celle-ci ayant été rapportée la première fois par Andrée Lévesque et son compagnon. Le cormoran à aigrettes est devenu très répandu dans la région. Quelques colonies ont été visitées. Nous avons également constaté que cette espèce commence à s'implanter dans certaines héronnières. Pour compléter ce tableau, quelques orignaux ont été surpris, parcourant les berges des cours d'eau. Jean Lapointe |